lundi 13 août 2007

Changement de vision

La dernière fois je vous avais laissé en me questionnant sur ce que j’étais venue faire ici. Je suis venue pour aider dans un organisme humanitaire dans une région très défavorisée. J’arrivais avec une vision très naïve du rôle que j’aurais à jouer. J’imaginais presque une situation de crise ; tellement à faire qu’on ne sait plus ou donner de la tête, des gens venus chercher de l’aide et tout plein de ressources à ma disposition pour leur venir en aide. Les choses ne sont pas tout à fait comme je l’avais imaginé. Il était temps que je me réveille.

Pour commencer, nous ne sommes pas en situation de crise. Il n’y a pas vraiment de menaces d’insurrection rebelle pour le moment. Les gens vivent donc comme leurs parents vivaient avant eux et comme les parents de leurs parents. Les taux effarants de mortalité infantile et maternelle, de malnutrition et de pauvreté, ils ne datent pas d’hier. Ils font partie de la vie ici. Les gens ne se bousculent donc pas aux portes pour demander de l’aide. Surtout que la véritable aide serait de faire de la prévention alors que les choses ne vont pas mal… Bien sur, quand un programme d’aide est mis sur pied, ils sont nombreux à venir voir s’il n’y aurait pas moyen d’améliorer leur sort, usant parfois de ruses pour mieux répondre aux critères du programme. Donc, pas de gestion de crise…

Ensuite, viennent les préjugés. Pas une journée ne passe sans qu’on ne me demande de l’argent. C’est dans l’ordre des choses, l’homme blanc a de l’argent et l’homme blanc donne son argent parce qu’on le lui demande indépendamment des besoins ou de ce que l’on pourrait faire pour mériter cet argent. C’est presque un privilège acquis que celui de recevoir du blanc. Et on demande toujours plus. C’est la culture du don. Heureusement, tous ne pensent pas comme ça. Ils sont déjà trop nombreux à le faire.

Encore pire que cette culture du don, il y a ce préjugé de la supériorité blanche. Le blanc sait. Après avoir consulté le médecin local, certaine femme viennent me montrer leur enfant et les médicaments qui leur a été prescrits pour me demander de vérifier le travail du médecin. Mais ce sont eux les spécialistes !!! Ce sont eux qui connaissent ces pathologies auxquelles nous, nous ne sommes jamais confrontés en Occident. Et ce ne sont pas que certains malades qui ont ces préjugés. Certains professionnels de la santé limitent les décisions qu’ils ont à prendre dans certains cas, cherchant à connaître avant tout l’avis d’un collègue blanc. Ce préjugé mine leur confiance en leurs propres capacités et restreint leur sens de l’initiative.

De par mes gestes, je ne veux pas encourager ces préjugés et me présenter comme celle qui sait et qui donne (des dons en argent, c’est vite dépensé et ça ne permet pas souvent d’améliorer le sort de façon durable.)

Il y a aussi le fait que je ne sais rien, ou si peu. Ma formation est très axée sur le diagnostic mais quand on arrive à décider du traitement… J’identifie les situations ou une intervention doit être fait mais je ne sais pas intervenir. L’aide que je peux apporter du point de vue strictement médical est très limitée.

Finalement, il y a la question du temps. Je ne suis que de passage ici. Si je mets des éléments en place, qui assurera la continuité ? Et comment déterminer ce qui mérite d’être mis en place alors que ma compréhension de leur culture, de leur religion et de leur façon de vivre est très incomplète malgré ma bonne volonté d’apprendre ?

La question se pose donc : Qu’est-ce que je suis venue foutre ici ???

Pour répondre à la question, j’ai du retourner à la source. Je suis ici parce que j’aime. J’aime découvrir l’autre. J’aime partager des sourires et essayer de faire sourire les gens. Je suis venue ici pour aimer les gens que je rencontre. Ces enfants meurtris, malnutris ou orphelins, ils méritent encore plus qu’on les aime et c’est ce que je suis venue faire ici.

Mon expérience ici sur le terrain m’a également montré à quel point il peut être ardu de mettre sur pied une organisation humanitaire. A tous les jours, il y a de nouveaux obstacles à franchir. Je peux donc servir de support pour ceux qui ont décidé de dédier leur vie à une cause qu’ils ont choisie. Je pense ici à Sophie, la représentante de l’AAG, et je pense aussi à tous ceux que j’ai rencontré et qui donne de leur temps pour donner un coup de main.

Mes connaissances médicales sont limitées mais j’ai tout de même des connaissances. Ma formation m’a permis d’être très axée sur la prévention. J’ai aussi des compétences (quoique limitées) en informatique. On m’a aussi appris quelques notions en matières d’organisation. Tout le peu que je sais, je suis prête à le partager. Et je parle bien de partage. Ce qui implique de ne pas imposer et de s’attendre à une réciprocité.

Finalement, je suis la pour voir. J’ai cet immense privilège d’être accueillie ici, dans cette réalité tellement différente de ce que je connaissais. Peu de gens auront ma chance. Je suis donc ici pour voir et pour raconter par la suite.

J’ai trouvé un sens à ce que je suis venue faire ici : aimer, épauler les gens qui font déjà un travail exceptionnel, partager et témoigner…

vendredi 10 août 2007

Gao

C’est la principale ville de la région la plus pauvre du Mali, l’un des pays les plus pauvre au monde. Elle est établie sur les rives du fleuve Niger qui fournit le poisson et permet d’avoir quelques bons sols pour l’agriculture de subsistance.

C’est une ville de contraste faite d’habitations à base de boues, de forme carrée, ainsi que de tentes de pailles tissées qui, elles, ont une forme parfaitement rondes. C’est une ville de métissage des cultures : les Touaregs à la physionomie plus arabe y côtoient les noirs songhais. C’est une des dernières villes sur la route du désert comme c’est la route vers le luxuriant Niger.

Gao est une ville de désert; le sable y est omniprésent. Pendant la saison chaude, la température peut friser les 50 degrés pendant le jour. Mais présentement, nous n’en sommes pas là. Il y a même quelques îlots de verdures que se disputent les vaches, les chèvres, les moutons et les ânes. Etonnamment les animaux sont assez nombreux à Gao.

Ici, c’est la saison des pluies. Depuis que je suis arrivée, deux bons orages ont frappé Gao déversant des quantités importantes d’eau. Les systèmes de canalisation a ciel ouvert du centre-ville sont mal entretenus. Partout, il y a des débordements. En périphérie de la ville, ces systèmes sont inexistants. Les rues sont transformées en gigantesques mares, quand ce ne sont pas les maisons qui sont inondées. Ces mares, comme celles du centre-ville sont pleines de déchets. L’utilisation des poubelles est loin d’être très répandue dans les endroits publics. Et partout dans ces mares, on voit les enfants jouer ; terrain de jeu propice pour attraper une multitude d’infections. Ces mares sont également idéales pour la reproduction des insectes, vecteurs de nombreuses maladies. Nous sommes d’ailleurs envahis par les mouches. Gao a besoin d’urbanistes pour se pencher sur un bon plan d’assainissement…

Gao ne possède pas vraiment d’industrie pour fournir de l’emploi aux habitants. Le taux de chômage est très élevé. Il n’est pas rare de voir 3 ou 4 adultes et de nombreux enfants dépendre d’un seul salaire. Peu de choses sont cultivées à Gao, à l’année. Il faut importer des denrées ce qui en augmente le coût. Puis, c’est dans la culture, les familles sont très nombreuses. C’est l’indicateur de la virilité des hommes… Cela fait en sorte que les bouches à nourrir sont nombreuses et cela s’accompagne d’un risque important de mortalité maternelle.

Maladies, pauvreté, malnutrition, orphelins, vous l’aurez compris, les besoins à Gao sont importants. Je vis un terrible sentiment d’urgence : il faut faire quelque chose pour aider ces gens ! Et pourtant, je suis là et je fais si peu. Je suis limitée par ma propre incompétence mais aussi par la nécessité de respecter la culture et la tradition (structure de la famille, religion, valeurs ; rapport avec le temps). Je dois me remettre en question et remettre en question ce que je fais ici et comment.

mardi 31 juillet 2007

Premier message du Mali

Je suis enfin arrivée ! Je suis à Gao, 1200 km de Bamako, 20 heures d’autocar. C’est la région la plus pauvre du Mali. Je suis au pays des Touarègues en moto, cellulaire à la main.

Pour y arriver, j’ai du passer par le calvaire de l’aéroport de Bamako avec ses chauffeurs de taxi très harcelants. Ils étaient 10 autours de moi, tellement que je n’arrivais plus à avancer. Et ils bénéficiaient tous des services d’un des agents de sécurité corrompus de l’aéroport qui venaient m’assurer de la compétence du chauffeur en question…. Finalement, c’est avec une dame rencontrée dans l’avion que je suis repartie. Elle a eu la gentillesse de venir a mon secours.

Pour récupérer passeport et visa, ça a été un vrai charme. Rien à voir avec tous les problèmes du Ghana. Tout était prêt en 24h…

Mon séjour à Bamako m’a également permis de revoir une amie, stagiaire en médecine elle aussi. Elle m’a donné des petits trucs pour mieux m’y repérer et interagir avec les gens.

Faire la transition entre deux pays, ce n’est pas nécessairement facile. On cherche à reproduire ce qu’on avait compris du pays que l’on quitte. Puis on se rencontre que les règles du jeu ont changes et que les nouvelles règles, on ne les connaît pas. Même la façon de saluer les gens est différente. C’est à la fois insécurisant et stimulant. Il y a encore tellement de choses à apprendre !!!

Je suis a Gao pour offrir de l’aide a l’AAG (Association Aide à Gao). Je serai impliquée auprès de petits enfants malnutris, des enfants orphelins et auprès de mères lors des leur accouchement. Plus de détails a venir…

mardi 24 juillet 2007

Semaine dans le Nord

Quelle semaine!!! Nos premieres semaines avaient ete tres medicales. La derniere semaine nous a vraiment permis d'avoir un apercu plus culturel.

Nous pensions visiter une clinique dans le Nord. C'est plutot une clinique dentaire improvisee et temporaire dans un petit village de maison en terre cuite qui nous attendait. Sitot arrivees, les gens de l'organisme nous ont demande de nous promener dans la foule et de traiter ceux qui en avaient besoin grace aux medicaments apportes par une des epouses des dentistes, pharmacienne de proffesion. On s'attendait a ce que l'on soit deja medecin! On les a vite informe de nos limites. Nous avons neanmoins organise une seance de distribution de vitamines et de vermifuges aupres des enfants qui etaient tous maigres avec un gros ventre. Nous etions la si peu longtemps, que nous n'avions pas le temps de faire de l'education et encore moins d'etablir le lien de confiane necessaire pour que l'education dispensee soit ecoutee. Nous etions donc pleinement consciente de l'inutilite de notre geste: une multivitamine ne pouvait pas remedier a des annes de malnutrition et notre pillule de vermifuge, c'est avec de l'eau non bouillie et potentiellement contaminee que nous l'avons fait avaler... Nous sention que nous devions quand meme faire quelque chose pour aider ces jeunes. Neanmoins, nous etions heureuses de l'experience qu'il nous avait ete donne de vivre. Cela nous a permis d'etre plus consciente de la realite vecus par des milliers de gens. Cela nous a aussi permis de nous confronter a nos propres limites. Il y aurait tellement de choses a faire, et pour ca, ca prend du temps... et plus de connaissances.

Tant qu'a etre dans le Nord du pays, nous en avons profite pour voir les richesses que la region avait a offrir. Dans le parc national de Mole, notre randonnes pedestre dans la savane nous a permis de voir une quantite impresionnate de facocheres, de singes et surtout d'antilopes. Mais le clou de notre randonnee a ete notre rencotnre avec un groupe de 5 jeunes males elephants. C'est tellement impressionant de les voir evoluer dans leur environnement naturel. C'est tellement gros!!!

Dans la region de Wichau, nous avons pu apprecier la formidable initiative communautaire d'ecotourisme; pendant une randonnee de canoe de 3 heures, nous avons pu observer les jeux de 2 mamans hippopotames et de leurs petits.

Dans la region de Teshiman, c;est une randonne pedestre dans la foret tropical qui nous attendait. En bonus, visite de grottes habitees par une formidable colonie de chauves-souris.

Pendant ce temps, nous etions souvent logees chez l'habitant dans des maisons typiques sans eau ni electricite. Un soir, avec une famille, nous avons danse au rythme des tambours a la lueur d'un feu. Que d'experiences!!!

J'ai bien apprecie mon expedition dans le Nord. Il complete a merveille un sejour formidable au Ghana ou j'ai appris beaucoup, autant sur moi, sur le Ghana et sur la medecine.

Grace a ce blog, j'ai essaye de vous faire partager mon experience. J'ai essaye de transmettre des informations les plus veridiques possible mais elles demeurent teintees par mon interpretation et j'ai pu me tromper. Je m'excuse pour toute mesinformation.

Demain, je m'envolerai vers le Mali pour la 2e partie de mon voyage. Je ne connais pas encore la disponibilite d'internet dans le pays mais j'ai bon espoir de pouvoir continuer a tenir mon blog. A suivre...

Rites funeraires

Au Ghana, les funerailles, c,est important! Souvent, elles ont lieux plusieurs semaines apres le deces de la personne pour permettre a la famille d,avertir tous les proches et d'amasser l'argent necessaire a la ceremonie.

Les celebrations se tiennent pendant 3 jours du vendredi au dimanche. Le vendredi, tout le monde se reunit pour aller chercher le corps a la morgue. Le tout se fait en chantant et en dansant. Plus il y a de bruits, plus c'est un signe que la personne etait appreciee. Ensuite, la musique et les chants se poursuivent alors qu'un cortege de voiture suivent le corbillard (fonction ici occupe par les ambulances) jusqu'a la residence du defun ou de l'un de ces proches. Ces corteges sont toujours tres impresionnant a croiser, surtout en ville.

Le samedi, tout le monde se reunit de nouveau pour veiller le mort. La veille n'est pas silencieuse. Encore une fois, la musique a plein volume est de mise. On mange, on boit, on fait la fete.

Le dimanche est le jour de mise en terre au cimetiere. Prealablement dans les petits villages, les hommes se seront relies pour porter le cerceuil a travers le village suivis par les musiciens et chanteurs. Ici aussi, le meme principe s'applique, plus on fait de bruits, plus on temoigne de l'affection pour le defunt. Cette fois, les coups de petards viennent apuyer le son des percussions.

Pendant les 3 jours, tous les proches et amis seront vetus de vetements traditionels noirs et rouges. Sinon, on fait produire des t-shirt presentant la photo du defun avec une courte notice necrologique que tous porteront fierement.

Vous l'aurez compris, les funerailles au Ghana sont l'occasion de faire un gros party. Certains passent 3 jours saouls. Les jeunes nous ont avoue que plusieurs amourettes de passage voyait le jour pendant ces funerailles qui rassemblent les gens.

Mais les funerailles ont aussi des inconvenients importants. La crise electrique touche aussi les morgues ce qui complique la conservation des corps (certaines familles attendent des mois avant d'avoir l'argent necessaire au funerailles) La question monetaire a aussi d'autres repercussions. Plusieurs personnes ne benificient pas de tous les soins dont ils auraient besoin car la famille commence deja a economiser pour les funerailles...

Les rites funeraires sont une des particularites du Ghana. Source de rassemblement, ils sont aussi a la base de certains problemes sociaux.

Tabous

Mon sejour a l,hopital est termine mais il reste deux sujets que je voulais aborder. Il s,agit de sujets tabous aussi bien a l,hopital qu'au Ghana en general.

Le premier sujet, ce sont les avortements. Il est interdit de se faire avorter au Ghana a moins que ce ne soit pour des raisons medicales ou encore a la suite d'un viol. De plus, la religion, qui est omnipresente, s'oppose a l'avortement. Or, la majorite femmes ce sont feja fait avorter... plus d'une fois. Neanmoins, la majorite des femmes mentiront a leur medecin si elles sont questionnes a ce sujet.

Les femmes ont recours a toutes sortes de techniques pour realiser leurs avortements. Certains moyens sont innoffensifs (et innefficaces) comme de prendre une boisson tres tres tes sucree. D'autres y vont beaucoup plus agressivement avec des melanges d'herbes medicinales ou encore en utilisant des objets divers pour tenter d'enlever mecaniquement le produit de conception.

Ce n'est pas genial pour la sante des meres. Au Ghana, environ 30% de la mortalite maternelle serait lie aux avortements. C'est plus de 2 fois la proportion dans la population mondiale selon l'OMS.

Les femmes arrivent tres malades ou encore en hemoragie a l'hopital et pour le medecin, c,est tres difficile d'aller chercher la verite sur ce qui s'est passe. Les questions ne recoivent souvent que des reponses evasives...

Une fois la verite obtenue, on procede a un curetage, c,est a dire qu'on vide l'uterus de tous les restes que l'on pourrait y trouver (l'uterus continue a saigner tant qu'il n'est pas entierement vide). Autant les medecins peuvent habituellemnt etre a l'ecoute de leurs patients, autant toute cette empathie disparait lorsqu'il s'agit d'avortements. Le curetage se fait mecaniquement sans anesthesie et aucunement en douceur. J'ai vu des femmes s'evanouir de douleur pendant la procedure. C'est exactement comme si l'on voulait punir ces femmes pour ce qu'elles avaient fait.

Un autre sujet assez tabous et celui du sida. A l'hopital, on regroupe dans un meme pavillon les pavillons souffrant du VIH et ceux souffrant de tuberculose (oui oui, malger le systeme immunitaire affaibli des sidatiques et le risque de contagion de la tuberculose...). Ce pavillon s'appelle le Fever Unit et il est situe en retrait de tous les autres pavillons de l'hopital, juste a cote de la morgue.

Le medecin qui s'en occupe est un etudiant. On lui a donne 2 semaines de formation a temps partiel pour devenir un expert en sida. On lui demande de faire la tournee des patients hospitalises a chaque 3 jours. S'il a des questions ou des patients a faire voir par d'auters specialistes, il doit se battre pour reussir a faire deplacer ses patrons qui essaient le plus possible d'eviter cet endroit.

On y hospitalise que les cas les plus severes. De toute facon, les gens ne veulent pas y rester. La mort y frappe en moyenne une fois par jour ce qui est assez difficile pour le moral des autres malades et de leurs proches.

Heureusement, les infirmieres qui sont la font un travail remarquable. En plus de s'occuper des patients hospitalises, ce sont elles qui font le counceling aupres des gens qui s'appretent a passer un test de depistage. Elle font egalement l'annonce de diagnostic et du suivi de patients a l'externe, identifiant ceux qui devront rencontrer le medecin lors de la clinique externe tenu 2 fois par semaine. Cette clinique se fait au Fever unit ce qui fait que la raison de soncultation peut difficilement rester confidentielle. Rien pour minimiser la mise a l'ecart des sidatiques.

Ces tabous existent et il rendent encore plus difficile des situations deja difficiles a vivre.


dimanche 15 juillet 2007

OPD, petits extras et conclusion

OPD
O.P.D. c'est l'acronyme pour Out Patient Departement, la clinique externe. C'est sans aucun doute le departement le plus difficile a decrire. Pour quelqu'un de l'exterieur, cela ressemble beaucoup plus a un immense chaos qu'a un hopital. Meme apres toutes ces semaines de stage ou je passais presqu'a tous les jours par l'OPD, j'ai encore parfois de la difficulte a m'y retrouver.
C'est la plus grande batisse de l'hopital. Elle fait peut-etre 100 metres par 40 metres. Elle regroupe 13 salles de consultation medicale, une salle de repos pour les medecins (ou on retrouve plusieurs exemplaires de Bibles mais aucun livre de reference), un poste d,infirmieres, la pharmacie, le laboratoire, une piece pour faire des radiotherapies, un kiosque d'information, un bureau des archives, un comptoire pour payer les services recus, 2 salles pour detenir les patients que l'on desire garder sous observation pour un court laps de temps et la salle d'attente. Inutile de dire qu'il y a un manque d'espace. Peu importe l'heure de la journee ou de la nuit, il y a des gens partout attendant assis ou couches sur de vieux bancs d'eglise.
Toute personne se presentant a l'OPD doit tout d'abord aller chercher son dossier au bureau des archives ou alors s'en faire creer un. Ensuite, elle doit se presenter au poste des infirmieres en pleins milieu de la salle d'attente. Elle sera alors pesee, on prendra sa temperature et sa tension arterielle et l'infirmiere determinera quel type de medecin la personne doit rencontrer: un chirurgien, un gynecologue-obstetricien ou encore un interniste. Puis, ce sera la longue attente pour voir le medecin.
La majorite du temps, le medecin n'appelle personne. Les patients savent qui est arrive avant eux pour consulter dans la salle qui leur a ete assigne selon le medecin qu'ils doivent rencontrer et ils attendent leur tour. Dans la salle en question, il peut y avoir 1, 2 ou 3 medecins, parfois installer sur des bureaux de fortune. La confidentialite y est inexistante (il n'est pas rare que 12 personnes soient dans la piece lors de la consultation medicale). Les gens passent leur temps a entrer et sortir que ce soit pour apporter les resultats des examens qu'ils ont ete passer ou encore ce sont des employes de l'hopital qui usent de leur contact pour acceler le processus de consultation pour les gens de leur famille. En medecine interne, la ou il y a le plus de cas, un medecin verra plus de 20 patients a l'heure. Tous les medecins font de l'OPD une fois leur tournee de pavillon terminee. Certaines journees, des cliniques speciales sont organisee: une journee pour les diabetiques, une journee pour les cardiaques, une journee pour les gens souffrant d'anemie pernicieuse, etc.
C'est un univers etourdissant mais tellement fascinant ou tout s'orchestre malgre l'apparence de chaos.
Petits extras
L'hopital avait plusieurs petits extras a offrir qui sont venus enrichir notre experience de stage.
La clinique ante/post natale et de plannification des naissances: Dans ce petit pavillon en plein centre de l'hopital, plusieurs sage-femmes s'activent. Contrairement a celles qui font des accouchements, les sage-femmes de ce departement sont a l'ecoute de leurs patientes. Une partie importante de leur travail consiste a faire de l'education aupres des meres ou futures meres. Ce sont elles qui font le suivi de grossesse et identifient les femmes qui doivent rencontrer le medecin (les cas problemes). Ce sont elles aussi qui font le suivi ponderal et surveillent le statut d'immunisation des jeunes bebes. Ce sont elles finalement qui font la tournee des femmes venant tout juste d'accoucher pour leur parler de contraception et les encourager a espacer les naissances d'un an ou deux. Aupres de ces femmes, j'ai beaucoup appris.
Le laboratoire: Pour nous qui n'avions pas vraiment d'exposition clinique, le laboratoire nous a permis d'apprendre a faire des prises de sang. L'equipe dynamique nous a egalement appris comment faire certains examens diagnostics, quoi regarder au microscope en examinant un frottis sanguin a la recherche de parasites de la malaria ou de globules rouges malades ou encore quoi observer sur une culture d'urine. Nous avons pu voir concretement ce dont on nous avait dans nos cours.
Physiotherapie: Mene une equipe de femmes tres dynamiques, le departement de physiotherapie offre un peu d'espoir et de reconfort aux victimes d,accidents vasculaires cerebraux et aux personnes atteintes de douleurs chroniques. Avec elles, j'ai pris plaisir a echanger des exercices et a comparer nos facons respectives de travailler. La physiotherapie en etant a ses premiers balbutiement au Ghana (a peine une quarantaine de professionnelles dans le pays), le departement manque de main d'oeuvre et se dit interesse a recevoir de nouveaux stagiaires.
Dermatologie: Difficile pour nous occidentales de nous y retrouver pour identifier les affections dermatologiques sur les peaux noires. Heureusement, nous avons eu un excellent mentor: un dermatologue passione par son travail et interesse a faire de l'enseignement qui venait faire de la consultation externe une fois par semaine a l'OPD. Il etait de plus le medecin le plus a l'ecoute des patients et le plus prompt a leur expliquer ce dont ils souffraient. Nous avons appris a la fois sur la dermatologie et sur la relation medecin patient.
Ophtalmologie: Nous avions des lacunes serieuse en matiere d'ophtalmologie en raison de la greve des medecins specialiste qui nous avaient prives de cette partie de notre cours de medecine. Aussi avons nous ete tres contentes de faire la connaissance du Dr Smith, un ophtalmologue britanique venus realiser une etude sur le glaucome au Ghana. Dans sa clinique, qui n'avait aucun lien avec l'hopital, il nous a fait de l'enseignement en ophtalmologie, nous a permis d'observer quelques consultations et meme une chirurgie de la cataracte. Nous avons pu observer a quel point sont travail doit etre precis. Je n'aurais jamais la dexterite pour devenir ophtalmologue!
Medecins en service national: Une fois leur cours de medecine termine, les etudiants doivent donner deux ans de leur vie au gouvernement et travailler dans le systeme public. Ils passent alors 6 mois dans les differents departement des hopitaux et completent leur formation tout en ayant beaucoup de responsabilites. Ce sont aupres d'eux que nous avons passe le plus de temps. Ils etaient interesses a nous faire beaucoup d'enseignement ce que nous avons apprecie. Nous avions presque le meme age et ils sont devenus des amis. Lors des quelques soupers que nous avons partages, nous avons pu echanger sur nos facons de voir la medecine, sur la situation au Ghana, comparer nos systemes de sante, etc.
Conclusion
Vendredi, j'ai dit au revoir aux gens de l'hopital. Mon sejour parmis eux est termine. J'y aurai beaucoup appris. J'y aurai fait des rencontres interessantes et je garderai contact avec certaines de ces personnes. Je suis tres tres satisfaite de l'experience que j'ai eu la chance de vivre au Tema General Hospital et je souhaite que d'autres auront la meme chance que moi dans les annes a venir.
Cette semaine, nous partons a la decouverte du Nord. Nous allons visiter une clinique a une journe et demi d'autobus de la capitale. Nous en profiterons egalement pour visiter cette partie du pays qu'on dit plus differente de ce que nous connaissons actuellement du Ghana.
L'acces a internet s'annonce un peu plus difficile pour la prochaine semaine....