lundi 29 octobre 2007

Le Caire

Le Caire est une ville qui s'apprivoise tranquillement... Particulierement quand on arrive d'un millieu aussi different comme le Mali et le Ghana pouvaient l'etre. C'est une tres grosse ville qui tourbillonne d'activites au point de nous etourdir. Elle pourrait ressembler a une ville europeenne avec ses magnifiques vieux immeubles, ces nombreux ronds points et ses statues partout.

Il y a tout de meme quelques differences: il y a bien sur la langue et tous les noms de rue ecrits dans un alphabet etranger a celui que l'on connait. Il y a aussi les normes et la conscience en matiere d'environnement qui sont bien differentes des notres et qui font en sorte que de tres vieux vehicules laissent echapper toutes sortes de gaz et que la gestion des dechets soit insuffisante au point de voir naitre des depotoirs en plein quartiers residentiels.

Vous l'aurez compris, toute sorte d'odeurs peuvent y etre respirees: odeur d'immondices et d'urine mais aussi les agreables odeurs des grillades egyptiennes ou encore celles des nombreuses parfumeries d'huiles essentielles.

Les sons sont egalement differents. Il y a les incessants coups de klaxons et les crissements de pneus de la circulation. Il y a aussi les appels a la priere qu'on entend 5 fois par jour (et parfois meme plus souvent puisque les mosquees ne sont pas toutes synchronisees...) La religion est aussi presente dans la musique; plusieurs Egyptiens ecoutent la lecture chantee du Coran dans leur commerce ou encore leur voiture. Les autes ecoutent des rythmes arabisant qui vous donnent l'envie de dansser.

La plus celebre attraction du Caire sont ses pyramides (d'accord, elles sont a Giza mais Giza est une banlieue...). Un aute incontournable est le musee egyptien qui regroupe d'innombrable vestiges de l'epoque ayant fait la renommee du pays.

Les gens viennent aussi au Caire pour magasiner. Au Quebec, on a des centres commerciaux qui regroupent une variete de magasin offrant differents produits. Bien ue de pareils cenre existent au Caire, ils sont accolles au hotels de luxe et orientes vers les touristes. Dans la ville, les magasins sont plutot regroupes selon les produits qu'ils ont a offrir. Il y a la rue des souliers ou s'entassent sur pres de 1km une multitude de marchands de souliers... Il y a le coin des vetements pour femme, le coin des tailleurs pour homme, le coin des quincailleries et meme le coin des extincteurs de feu ou encore le coin des balances... Plutot amusant de voir a quel point les choses sont separees.

Ce que j'ai prefere toutefois, c'etait de simplement marcher dans les rues pour voir comment les Egyptiens d'aujourd'hui vivent. Plus d'une fois je me suis faite invitee a partager leur repas ou encore une tasse de the. En tant que femme, j'ai aussi pu experimenter les talents de seducteurs des Egyptiens qui restaient neanmoins toujours polis et respectueux. Les gens que je croisais dans la rue me souhaitaient la bienvenue. Peu importe a qui j'adressais un sourire, il etait toujours contagieux.

Sans etre prete a y vivre, j'en suis venue a apprecier le Caire.

samedi 27 octobre 2007

Escapade dans le desert

Nous ne pouvions pas visiter un pays dont pres de 94% de la superficie est faite de desert sans y planifier une petite excursion. Nous avons donc quitte l'effervescence des villes pour l'environnement plus paisible de l'oasis de Bahariia a pres de 5 heures de route du Caire (route asphaltee).
Cette oasis est un ilot de verdure dans une vaste etendue de sable et de pierres. Toutefois, l'oasis est un peu differente de l'image du paradis idylique presente dans certains films. Plus de 30 000 personnes y habitent. On y retrouve aussi un petit restaurant, quelques petits cafes, des depanneurs et 2 ou 3 hotels (resort). Pendant le jour, la temperature y est de plus de 30 degres mais demeure tout a fait supportable (tant qu'on reste a l'ombre) puisqu'un agreable petit vent y souffle. Le soir, les temperatures sont plus fraiches et le chandail a manches longues est apprecie lors de la promenade pour observer le magnifique ciel etoile.
Nous avions envie de vivre une veritable experience de decouverte du desert alors nous avons retenu les services d'un guide/chauffeur pour nous le faire decouvrir. Comme les voitures (Land Rover 4x4 datant des annes 80-90) ne sont pas munies de GPS, nous avions choisi un authentique bedouin avec une solide connaissance du terrain.
Le desert que nous avons decourvert etait lui aussi different de l'image de succession de dunes de sable que nous avions. Pour commencer, il est important de savoir qu'il existe plusieurs deserts en fonction du type de roches retrouvees sur le terrain. Nous avons commence par nous aventure dans le desert noir. On y retrouve quelques dunes de sable ou notre chauffeur s'est amuse a nous demontrer ses competences en matiere de derapage controle. Mais ce qui etait le plus impressionnant, c'etait la multitude de petites collines presentant la forme d'un volcan et justement faites de pierres volcaniques noires.
Ces collines semblaient s'etendre a l'infini mais eventuellement nous avons vu le paysage change et le sable s'eclaircir. Nous sommes arrives a une colline qui etincelait sous le soleil. Cette colline, les Bedouins l'appellent la montagne de cristal. Ses magnifiques reflets, elle les doit au quartz qui la compose. Magnifique!
Notre promenade s'est ensuite poursuivie jusqu'au desert blanc, celui que j'ai le plus apprecie. Le sable y etait fin et c'etait agreable d'y marcher pieds nus. De grosses pierres d'un blanc immaculees et approximativement e la taille d'un elephant semblait y avoir ete deposees. Le vent les avaient erodees leur donnant toute sorte de formes (champignon, poulet, tete de chameau, etc.). C'est justement a l'ombre d'un de ces colosses que nous avons casse la croute en contemplant ce paysage lunaire.
Lors de cet arret nous avons eu la surprise de recevoir la visite de petits oiseaux curieux, intrigues par note presence aussi loin de toute habitation. Une mouche noire est egalement venue sentir notre diner. Prealablement, nous avions aussi appercus quelques dromadaires...
Je viens de vivre une experience comme on en vit pas souvent et je m'en estime tres chanceuse.

vendredi 19 octobre 2007

Premier message d'Egypte

C'est la gorge un peu nouee par l'emotion que je suis allee rejoindre mes parents a l'aeroport du Caire. Quel plaisir de se retrouver apres 5 mois de separation!
Apres une nuit de repos (et de rattrapage dans l'echange de nouvelles), nous avons repris l'avion, direction sud vers la ville de Luxor. La, nous sommes embarques sur le MS Monaco, notre bateau de croisiere.
C'est donc au rythme paisible du Nil que la decouverte de l'Egypte s'est amorcee. Sur le pont du bateau, nous avons regarde defiler la vegetation luxuriante (cannes a sucre, bananiers, palmiers dattiers, etc.) ainsi que quelques representants de la faune locale (anes, zebus et dromadaires, etc.) tout en repondant aux salutations amicales des paysans sur le rivage.
Nous recevons un accueil fort chaleureux des veritables Egyptiens. Par contre, sur les quais ou notre bateau s'amarre (tout comme une quinzaine de bateaux semblables au notre) nous etions ceintures par des vendeurs de djelabas (vetement local), de cochers proposant une ballade en caleche et de chauffeur de taxi (ou de felouque) offrant un tour de ville pas cher pas cher. Lors d'une attente pour le passage d'une ecluse, notre bateau a meme ete pris d'assaut par des vendeurs en chaloupe qui lancaient par dessus bord (4 etages de haut quand meme....) des sacs de plastique contenant vetements, foulards et tapis et reclamaient par la suite d'etre payes...
La croisiere etait ponctuee d'arret pour nous permettre de decouvrir les nombreux temples pharaoniques situes entre les villes de Luxor et d'Assouan (plus en amont). La, les anciens Egyptiens nous ont parle par le biais des hieroglyphes, nous avons ete fixes par de nombreux sphynx et domines par des colosses a l'effigie des anciens pharaons. Les sites regorgeaient d'histoires toutes plus divertissantes les unes que les autres sur les differentes divinites et les rois (parfois meme les reines) qui les ont adorees. Plusieurs temples etaient etonnamment bien conserves malgre leur 3500 ans et les fresques presentaient meme leur couleur d'origine. C'etait impressionnant!!!!
Demain, la croisiere se terminera mais la decouverte se poursuivra, cette fois a partir du Caire....

mercredi 10 octobre 2007

Jour du marché à Djenné

Le lundi, c'est jour de marché a Djenné. Le matin, des pirogues affluent des quatres coins du Mali, la ville étant entourée d'eau. Elles emportent avec elles une marchandise très diversifiée: dattes, noix de Kola, arachides, pastèques, oranges, bananes, poivrons, aubergines, ignames, manioc, patates douces, épices de toute sorte, poissons, montons, poulets et vaches pour faire boucherie, médiczments traditionnels comme modernes, multitudes de tissus de toutes les couleurs, vêtements prets à porter, bijoux, artisanat, articles divers de Quincaillerie et j'oublie bien des choses. L'endroit est riche en couleur et en odeur. On y entend aussi toute sorte de dialectes.

Toute cette activité a lieu sur la grande place en face de la mosquée. Cette gigantesque structure peut acceuillir jusqu'à 50 000 fidèles à la fois. Elle est entièrement construite en banco (mélange de terre) et de bois et ce dans un style soudanais. Elle fait la renommée de la ville.

Lorsqu'on veut se reposer de l'activité du marché, la balllade est de mise. On prend plaisir à se perdre dans les rues étroites de la ville, à discuter et à jouer avec les enfants et bien sur, à saluer le chef du village. Le tout dans un magnifique décor.

Le lundi, à Djenné, le dépaysement est garanti.




Ceci est mon dernier message du Mali. J'ai quitté mon ami francais hier pour venir à Bamako que je découvre aujourd'hui avant de reprendre l'avion. Demain, je serai au pays des pyramides....

Retour du pays Dogon

Je suis de retour d'un merveilleux séjour dans les pays Dogon. J'y étais accompagnée d'un excellent guide local Ogodana (que je vous recommande si vous passez par la asseguereteme@yahoo.fr) et d'un français que j'ai rencontré à la gare routière et avec qui je voyage depuis.
Nous avons fait 4 jours à vivre au rythme de la population locale en alternant la découverte de petits villages et la randonnée pédestre dans un décor absolument magnifique. Il y avait une grande plaine où on s'échine a faire pouser le mil malgré les conditions difficiles, une falaise abrupte de plus de 300 mètres où de petits villages ont été construits, il y a de cela des centaines d'années ainsi qu'un plateau rocheux offrant des points de vue absolument fantastiques.
La région, d'ailleurs reconnue patrimoine mondial par l'UNESCO, est d'une richesse culturelle inouie. Nous avons passé 4 jours à nous faire raconter les différentes histoires de la cosmogonie Dogon, à échanger des sourires avec la population locale et le soir, à surveiller les étoiles filantes alors que nous dormions à la belle étoile.... sous nos moustiquaires.
La région est un formidable exemple de cohabitation harmonieuse entre tradition et modernité et entre catholiques, musulmans et animistes. Je garderai un excellent souvenir de cette promenade.

mardi 2 octobre 2007

A la découverte du Mali !

Ca y est ! J'ai quitté Gao laissant derrière moi des amis et des enfants que j'aime de tout mon coeur. J'emporte avec moi le souvenir de leurs sourires. Heureusement, la beauté du paysage qui défilait le long de la route était la pour me consoler...
C'était un paysage de brousse avec du sable rose, des hautes herbes jaunes et des acacias bien verts. A Gossi, le car qui m'emmenait à fait une halte au cours de laquelle j'ai pris pleinement conscience que je me trouvais dans un monde bien différent de celui que je connais. Il y avait un petit kiosque où on servait le Nescafé et les boissons fraiches. Devant ce kiosque se trouvaient des songhai, descendu du car. Certains portaient la boubou tradidionnelle, d'autres étaient habillés à l'américaine. Tous, ou presque, avait le cellulaire à la main, guettant l'heure où il pourraient casser le jeune qu'ils se sont imposé en cette période de Ramadan.
Tout juste à côté d'eux se trouvait un petit troupeau d'ânes. Parmis eux, on trouvait des petits qui ne marchaient pas depuis longtemps ainsi que des adultes. Certains étaient chargés de lourds bagages et d'autres étaient montés par un des membres de la famille à qui le troupeau appartenait. Les enfants montaient nus alors que les hommes étaient vêtus d'une large boubou semblable à une robe et étaient coiffés d'un chapeau conique typique de l'ethnie des peuls. Ils avaient le bâton de l'éleveur à la main.
De l'autre côté du kiosque se trouvait un dromadaire sur lequel on avait fixé une jolie selle. Il était conduit par un homme enturbanné portant fièrement l'épée touareg.
Parmi tout ce beau monde, il y avait moi, la seule blanche, qui m'émerveillais devant cette étonnante diversité culturelle.
J'ai passé une première nuit à Sévaré que j'ai pris plaisir à découvrir le lendemain matin. La ville ne présente aucun intéret particulier. Ce qui m'enchantait, c'était la présence de verdure partout. Quel contraste avec le désert de Gao !
Mon voyage m'a ensuite conduit à la ville voisine de Mopti. Je me suis arretée à l'hotel Y a pas de problème (www.yapasdeprobleme.com) Un endroit charmant qui m'a donné envie de prolonger mon sejour parce que je m'y sentais bien.
Mopti, la Venise africaine, m'a dévoilé ses charmes; l'effervescence de son port, la diversité de son artisanat, l'ingéniosité de sa Mosquée et la beauté de ses fleuves. Ce que l'on pourrait reprocher à la ville ce sont les guides harassants qui vous offrent leurs services, les multiples vendeurs d'artisanat qui deviennent pot de colle ainsi que certains jeunes garçons insolents qui vous disent Mais l'expérience vécue vaut bien ces petits désagréments...
Demain, je quitterai cette ville pour de nouvelles aventures: une excursion aux pays Dogon.

mardi 18 septembre 2007

Tempête sur Gao

Aujourd’hui, une chronique météorologique plus légère que mes derniers billets…

La saison des pluies au Mali m’aura permis de vivre l’expérience d’un phénomène météorologique complètement nouveau pour moi : une tempête comme on n’en connais pas au Québec ou en Europe.

Les tempête surviennent presque toujours de la même façon. Alors que tout était calme, le vent se lève tout d’un coup. Mais ce n’est pas un petit vent. C’est un vent fort qui entraîne avec lui un nuage de poussière. Quand il se manifeste, tout le monde se précipite pour rentrer tout les biens, fermer soigneusement toutes les portes et fenêtres et se mettre à l’abri. Ce vent de poussière, il s’infiltre partout dans les moindres ouvertures. Sa venue signifie immanquablement qu’une bonne séance de nettoyage est à prévoir et ce, malgré tous les volets qui étaient fermés.

C’est le vent de sable qui succède au vent de poussière. Ce vent est tout aussi violent et apporte un nuage de sable qui obscurci l’atmosphère allant jusqu’à diminuer la visibilité pour la conduite automobile. Le nuage de sable est tellement dense que l’on peut identifier clairement où il débute et où il se termine.

Finalement viendra la pluie. Torrentielle au début, elle s’estompera. La pluie ne dure jamais très longtemps. Souvent, il pleut moins qu’une heure. Mais les conséquences pour le réseau routier sont bien présentes. Les conducteurs doivent faire preuve de beaucoup de patience pour se rendre du point A au point B en modifiant régulièrement leur parcours afin d’éviter les mares où ils resteraient embourbés.

Pareille tempête de poussières et de sable incite tout le monde à se réfugier à l’intérieur où la chaleur ne tarde pas à se faire sentir. La plupart du temps, cette réunion se fait dans la noirceur, les autorités procédant à une coupure de courrant par mesure préventive puisque les vents violents menacent les fils électriques. Tout s’arrête, les commerces sont fermés et il n’y a plus personne dans les rues. Mais dès que la pluie se met à tomber, les enfants sortent dehors pour jouer dans l’eau et se laver. C’est la fête !

Alors qu’aucun signe ne permet de prévoir les tempêtes de jour, la nuit il y a clairement un signe annonciateur. Le ciel se transforme en stroboscope. Un éclair n’attend pas l’autre. Je n’avais jamais vu pareille hyperactivité céleste. Pour sa part, le tonnerre est plus souvent qu’autrement absent.

Suite à la tempête, il y aura bien sur, la fraîcheur bienfaitrice. L’accumulation de ces tempêtes fera également renaître la nature que la canicule avait décimée. Gao se reverdira un peu et les animaux trop maigres pourront trouver de quoi se nourrir.

Une tempête comme une de celle qui affecte la ville de Gao est vraiment une expérience à vivre !